Éloise Verneuil 

Je n’avais pas revu Eloise depuis plusieurs années mais me souvint que lors d’un voyage en Europe, elle m’avait raconté une invraisemblable histoire à propos de gnomes ou de lutins. J’obtins ses coordonnées par des amis communs et la contactai afin qu’elle rafraîchisse mes souvenirs et m’autorise a raconter les faits dans mon bouquin. Elle demeure en banlieue de Montréal.

Dans la cinquantaine, Eloise Verneuil est d’une grande sensibilité et fait preuve d’une créativité peu commune en plusieurs domaines. Attirée par l’art de la scène et étant très portée vers les touts petits, elle écrivit dans ses loisirs plusieurs contes pour enfants qu’elle publia. Elle monta aussi quelques pièces de théâtre de factures fantastiques et spirituelles. Durant un certain laps de temps, les muses l’inspirèrent  particulièrement et elle fut très productive. C’est durant cette époque précise que Eloise vécut l’expérience particulière qu’elle nous fait partager.

Je me réveillai une nuit, sentant une présence dans ma chambre. Le lit que j’occupais avec mon époux était en parallèle avec la porte d’entrée, donc je lui faisait face.

«Un mouvement par terre attira mon regard. Je fus stupéfaite de constater que juste devant moi, dans l’embrasure de la porte, se tenaient trois petits lutins. Hauts d’environ 30 cm. ils se mouvaient de façon toute naturelle sans paraître importunés par ma présence. Un, semblait faire le guet et regardait dans ma chambre tandis que les deux autres se tenaient dans le couloir et semblaient intéressés à ce qu’ils voyaient dans le bureau de mon mari, situé juste à côté. Je tentais sans succès de réveiller mon époux pour qu’il puisse valider ce que je voyais. Je décidai alors de les observer pour ancrer dans ma mémoire le plus de détails possibles. Leurs habits semblaient en feutre et ils portaient un pantalon et des bottes. Je ne me souviens pas des couleurs de chaque vêtement mais le vert forêt prédominait. Ils portaient un ceinturon rouge et leurs têtes étaient recouvertes d’un chapeau plié. Je ne crois pas qu’ils  portaient une barbe. Cela m’aurait frappée, il me semble. Ce que je retiens de l’image qu’ils projetaient c’est qu’ils étaient fort bien habillés et étaient d’un grand naturel. Je les voyais aussi nettement que les meubles près d’eux. Ils n’étaient ni vaporeux, ni brumeux mais, semblaient aussi dense que vous et moi En me frottant les yeux, je décidai de m’approcher d’eux et descendit du lit. Geste que je regrettai et que je regrette encore aujourd’hui car ils disparurent aussitôt.  »

Eloise me raconta aussi qu’une de ses amies qu’elle a perdue de vue depuis une quinzaine d’année, avait vécue une expérience amusante avec les esprits de la nature. Je peux  prêter foi à ce témoignage car j’ai également connu la personne en question. Cette femme surprit sa fille de quatre ou cinq ans en pleine conversation avec une des plantes du salon.

«  Mais à qui parles- tu- donc ? » de dire la maman intriguée.

« Je parle à mes amis, maman » de dire tout naturellement l’enfant.

«  Ah bon !  » de dire la maman qui avait  peut être la connaissance des êtres essentiels mais pas nécessairement de leurs fonctions.

« Alors demande leurs à quoi ils jouent? La réponse vint rapidement.

« Ils disent qu’ils ne jouent pas maman mais qu’ils travaillent…!

Tout en parlant avec Eloise, elle se souvint d’un autre événement marquant survenu alors qu’elle était encore aux études, mais elle n’était pas certaine si cette aventure était compatible avec la facture de mon livre qui traitait de l’existence des esprits de la nature. Je sentais qu’elle était un peu hésitante à m’en parler. Puis elle me livra ses souvenirs mais n’arrivait pas à mettre en mots l’essentiel de son récit. Je la rassurai d’abord en lui disant que cette aventure peu banale s’inscrivait très bien dans la ligne de pensée de mon bouquin et je lui demandai de mettre par écrit, les événements tels qu’elle les avait vraiment vécus, en toute simplicité. Ce qu’elle fit en m’envoyant par la poste, la lettre qui suit :

« Comment qualifier cette expérience, cet état de grâce, dans le silence d’un bureau de travail habité de réflexions, il y a plus de trente ans?

Je suis sensible et ce qui habite mon intériorité est en lien depuis mon enfance avec les grandes questions : Qui sommes nous? D’où venons nous? Et où allons nous? Elles sont très importantes, ces questions!

Comment se contenter de la foi aveugle et des prières devant des statues de plâtres!

J’ai fais mon cours classique et dès que j’ai entendu parler des dieux de l’Antiquité, une fascination naquit en moi.

J’ai toujours été émerveillée par la vie, la poésie, la philosophie et voilà que l’histoire et la mythologie m’ouvraient les bras. On avait à l’époque ressenti l’existence de grandes entités avant de reconnaître éclairés par les paroles du Christ : Le Créateur et Sa Force Lumière.

Voilà que leurs formes, ou ce qui semblait s’y apparenter m’avaient rattrapées dans les nuages que j’observais d’une petite lucarne de mon appartement, début de la vingtaine.

Formes classiques, belles, allongées, elles étaient comme une réminiscence, de cette fascination…

Si elles existaient vraiment…elles étaient forcément toujours là, incarnant de nobles énergies.

Voilà donc qu’un soir, je suis restée au bureau absorbée par la lecture du philosophe italien, Julius Evola. Cette lecture et la volonté de retrouver ces entités me plongèrent dans un état second que je ne voulais aucunement rationaliser. Je fixais la bibliothèque et ma conscience, au bout d’un moment, s’est extrapolée. Je ne demande pas que l’on me croie, d’ailleurs, je partage rarement cette expérience. Je fais part simplement de ce que j’ai vécu.

Un espace au-delà du visible s’est ouvert. J’ai été à la rencontre d’une gigantesque entité. J’étais comme un nénuphar dans ses mains. Il me regardait avec de grands yeux étonnés. Je compris qu’il était très rare qu’on vienne le visiter.

J’étais heureuse d’avoir percé la matérialité. Ce soir là, j’ai vibré comme tous les instruments à corde d’un orchestre lors d’une symphonie. J’ai dû à regret le quitter, mais…je ne l’ai jamais oublié. »

Je lu avec beaucoup d’intérêt ce récit incroyable d’Eloise mais je restai un peu sur ma faim, car certains détails manquaient sur le déroulement de toute cette aventure et je lui écrivis pour lui en faire part. Eloise accepta de bon cœur de fouiller dans ses souvenirs qui dataient quand même rappelons le, de plus de trente ans et me fis parvenir une missive très explicite que je vous livre ici « Oui c’était un voyage astral car j’étais consciente que mon corps était demeuré dans le bureau, mais je vivais intensément la rencontre avec l’entité essentielle géante avec mes corps subtils. Je voudrais vous préciser les dimensions de l’entité : hauteur d’un édifice d’environ cinquante étages et ses mains étaient d’une largeur de un mètre trente et d’une longueur d’environ un mètre quatre vingt.

La rencontre a eu lieu dans un monde parallèle et d’après moi a duré un bon cinq minutes  mais avant que je puisse aller à sa rencontre avec mes corps subtils, j’ai été dans un état inspiré, intense, en lisant le livre de Julius Evola pendant peut-être trois quarts d’heures.

J’ai employé le terme nénuphar parce que je me sentais dans sa main  comme une fleur arrachée à un étang, celui de la matière dense qui quelque fois a des relents de marécage.

J’étais debout dans une de ses mains mais il les tenait ensemble comme si j’étais précieuse et qu’il ne voulait pas m’échapper. Il avait une attitude protectrice.

Je n’ai pas eu peur. Nous étions tous deux surpris et émerveillés de cette rencontre. Je savais que je ne rêvais pas. C’était un moment où le présent n’est que conscience absolue. Je pense finalement que ce monde m’est plus familier que celui de l’électronique. Je suis revenue dans mon corps physique et c’était selon ma propre volonté car à la fin, j’ai craint d’être aspirée. J’étais consciente que je devais poursuivre ma vie ici-bas.

Cette expérience a confirmé que mon intuition était juste par rapport aux dieux de l’antiquité et que les gens des civilisations anciennes avaient une sensibilité que les gens n’ont plus à notre époque. Je savais que j’allais vivre d’autres expériences par la suite, ce qui s’est avéré exact. J’ai pensé que Julius Evola avait raison : Que nous vivons bien «  l’âge de fer » de dureté intérieure, de perte de sensibilité où l’intellect la plupart du temps est roi et maître .Mon désir de protéger cette sensibilité n’a cessé de grandir depuis ce jour! »

Ce fait vécu est vraiment peu banal. Éloise se retrouva dans le creux des mains d’une entité tel que décrit dans la mythologie grecque et romaine. La taille d’un tel dieu est inconcevable pour l’entendement humain. Qui était-il? Même Eloise ne peut identifier formellement son hôte qui l’accueilli ce jour là.

Chose certaine, nous vous remercions Eloise, d’avoir partagé ce « secret » de votre vie.

Mais ce récit, sembla avoir fouetter les ardeurs nostalgiques de mon amie Eloise car je trouvai quelques jours plus tard une nouvelle missive venant d’elle, où elle voulait me faire part des fabuleux moments vécus par une amie à elle et qui allaient dans le sens de mes recherches.

« Je connais Jocelyne depuis plusieurs années. Jocelyne est une femme de 59 ans qui a vécu longtemps à la campagne et qui se sent très à l’étroit en ville. Elle parle aux animaux : chiens, chats, chevaux et même à une ânesse. Elle a aussi la faculté d’attirer les oiseaux.

C’est beau de l’observer lorsqu’elle fait des demandes ou discute avec ses amis à poils ou à plumes. Elle me raconta qu’un jour, elle avait rendu visite à un couple à la campagne. Ceux-ci possédaient une ânesse. L’homme ne l’aimait pas et son épouse n’osait manifester son affection à l’animal, de peur de déplaire à son mari. Jocelyne voyant l’ânesse, se sentie immédiatement attirée par cette bête hors du commun. Elle lui parla et lui dit qu’elle la trouvait fort belle. Puis, l’animal, enfoui soudainement  son museau sous une des aisselles de la jeune femme. Jocelyne en fut toute émue. L’ânesse s’y trouvait bien au chaud, aimée et protégée. Jocelyne resta un moment à la ferme et tout en échangeant avec la femme, elle constata que son mari et l’animal, n’étaient pas en affinité.

Un mois plus tard, elle revint à la ferme. C’était l’été  et la campagne comme toujours l’enveloppait de ses parfums de fleurs et de foins. Emportée par son enthousiasme, elle appela du chemin, la fermière, toute heureuse de la revoir. Mais qu’elle ne fut pas sa surprise de constater qu’au loin, près de l’un des bâtiments, l’ânesse, reconnaissant sa voix vint rapidement à sa rencontre en brayant. Dès qu’elle fut près d’elle, elle plaça de nouveau son museau sous son aisselle et y resta un bon moment, attentive aux merveilleuses vibrations des paroles réconfortantes que Jocelyne lui prodiguait.  On comprend devant ces faits, que Jocelyne possède le don incroyable d’attirer les animaux par la particularité de son aura.

Un jour, il y a de ça quelques années, Jocelyne et moi parlions de la vie et de la nature et je lui confiai spontanément une de mes expériences « paranormales ». Je lui parlai des lutins que j’avais vus et elle me confia aussi spontanément que lorsqu’elle était une enfant et demeurait à Esprit Saint dans le comté de Rimouski, elle avait deux amis lutins qui jouaient avec elle. De 4 à 8 ans, ils furent ses compagnons constants. L’un des deux était très taquin. Mais son plus beau souvenir d’enfance fut de voir fréquemment les petites elfes des fleurs.

Dans sa famille fort nombreuse, il y avait beaucoup de tensions. En plus, sa mère fut atteinte de tuberculose et dû faire un séjour d’un an et demi dans un sanatorium. C’est ainsi que dès l’âge de trois ans, elle se retrouva chez parrain et marraine qui avaient un très grand jardin de fleurs. Ces gens étaient aussi amateurs de musique et en écoutaient abondamment.

Entourée de toutes ces merveilles, le plus beau des miracles se produisit me dit-elle. Elle commença à voir les fées des fleurs : les elfes. Elle ne le disait à personne. Elle leur parlait et était si heureuse. Puis, ce fût au tour des lutins de se manifester. Cela se produisait toujours lorsqu’elle était seule. Le taquin arrivait par surprise et la réveillait. Celui-ci avait comme un trou dans son chapeau. Les deux lutins mesuraient environ 20 centimètres. Ils portaient des genres de mocassins aux pieds couleurs magenta-lilas dont les devants étaient retroussés. Il y avait des teintes de vert dans leurs vêtements. L’un des deux avait les oreilles pointues. Ils semblaient aimer la musique.

Un jour alors qu’elle chantait accompagné au piano par sa marraine, un des lutins semblait si heureux que Jocelyne décida de se confier à sa tante.

Celle-ci pourtant ouverte, aux belles choses de la vie ne comprit pas. Cela n’était pour elle, que pures rêveries d’enfant!

« Et pourtant, tout était pour moi si naturel, » de me confier tristement mon amie.

Après la convalescence de sa mère, Jocelyne retourna vivre dans sa famille. Elle continua de jouer avec ses amis lutins pendant plusieurs années mais elle avait appris qu’il valait mieux de ne plus en parler à personne.

À huit ans, sa famille déménagea en ville mais ses amis ne la suivirent pas cette fois. Mais grâce à eux, de me dire Jocelyne : «  Ma tendre enfance fut douce et enjouée malgré les tensions du milieu familial »